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Centre Interdisciplinaire de Recherche sur les Patrimoines en Lettres et Langues

Séparés par des virgules

Axe 1 : Mythes et sacré

Les membres du CIRPaLL ayant exprimé le vœu de se rattacher à l’axe 1, intitulé « Mythes et sacré », mènent des recherches dans différents domaines de spécialité, recourant à des approches complémentaires et analysant des textes de langues et de cultures variées (langues et littératures anciennes, françaises, anglophones, germaniques, linguistique, stylistique, philosophie…). Leurs champs d’étude, qui couvrent l’ensemble de la temporalité (de l’Antiquité à nos jours), témoignent d’un intérêt pour les questions relatives aux mythes et au sacré. Désireux de tirer le meilleur parti d’une synergie favorable, ils souhaitent orienter leurs travaux de recherche dans une perspective résolument transdisciplinaire, en diachronie, sur la longue durée, dans le cadre de projets collectifs conçus dans un large esprit d’ouverture et de « décloisonnement », faisant également appel à la participation des autres membres du centre de recherche et, plus largement, à celle de chercheurs de toutes disciplines et de tous horizons, pouvant être intéressés.

Les travaux menés dans le cadre de cet axe de recherche, portant sur un corpus de textes de genres différents et d’époques variées, seront centrés autour d’une problématique principale, « l’humain en question », dans le but d’étudier les liens étroits qui unissent, en interaction, les mythes (au pluriel, comme leurs multiples variantes et réécritures) et le sacré (au singulier, mais appréhendé sous ses différents aspects, en variant les points de vue).

  • Par mythes, on entendra un ensemble de récits, issus d’époques et de cultures variées, considérés comme un ensemble de variantes et de réécritures successives, appelant une étude de leur transmission et de leur réception au travers des époques.
  • La notion de sacré sera distinguée de celle de religion : il conviendra de prendre en compte les notions de croyance et de profane, mais aussi d’envisager le sacré dans ses rapports avec la transcendance.

Le sacré est omniprésent dans les mythes qu’il informe et, inversement, les mythes tiennent un rôle essentiel dans l’expression et la transmission des valeurs du sacré et des aspirations de l’homme au sacré. On se propose donc d’étudier comment les mythes peuvent contribuer à renouveler et à réinventer le sacré, comment ils permettent aussi d’introduire différentes formes d’humanisation qui, une, fois encore, remodèlent le sacré. Seront, enfin, considérées les manifestations d’une remise en cause des valeurs et principes du sacré.

La dimension idéologique des textes étudiés constituera un axe de recherche important, amenant à voir dans les mythes et le sacré les reflets d’une société et de ses intérêts, en s’interrogeant sur les différents usages qui peuvent en être faits. Se poseront donc également les problèmes de la vérité et de la fiction. La subjectivité, enfin, considérée notamment dans ses liens avec la norme, constituera un arrière-plan essentiel pour l’ensemble des travaux : elle pourra être étudiée tant du point de vue de l’auteur que de celui du lecteur, au travers de ses manifestations dans le travail d’écriture (stylistique, onomastique, reprises de thèmes, intertextualité, jeux sur les genres…), dans les choix opérés, dans les interprétations et lectures mises en œuvre (problématiques de l’exégèse et de l’herméneutique). De ce point de vue, il faudra prendre en compte aussi bien les formes d’adhésion et de croyance que celles de contestation, de critique et de rejet. Dans tous les cas, le rôle de l’homme s’avère déterminant et une attention particulière sera portée à sa place vis-à-vis du domaine du sacré, ainsi qu’à son degré d’éloignement ou de proximité, en lien avec son « usage » des mythes.

Mots clefs

mythes, sacré, profane, transcendance, croyance, subjectif, normatif, interprétation, exégèse, herméneutique, idéologie, communauté, individu, vérité, fiction, écriture, stylistique

 

Projets scientifiques 2017-2022 et actualités scientifiques

COMPTE RENDU DE LA REUNION D’AXE 1
3 JUIN 2020, 14h-16h (en visio-conférence)

Compte rendu du Séminaire de recherche de l'Axe 1
du vendredi 26 avril 2019, 10h-12h

Conférence donnée par Zoé Hardy, suivie d’une discussion :

« La création artificielle dans les récits de la fin de siècle :

une usurpation du pouvoir divin ? »

Le compte-rendu de la séance est téléchargeable ici.

 

Compte-rendu du séminaire de recherche de l'Axe 1
Vendredi 22 mars 2019, 10h-12h

Conférence donnée par Laurent GOURMELEN :

Hommes et dieux, mortalité et immortalité : des limites en question dans la Théogonie d’Hésiode ? 

 

Le compte-rendu de la séance est téléchargeable ici.

Voir aussi l'exemplier de la conférence de Laurent Gourmelen.

 

Compte-rendu du séminaire de recherche de l'Axe 1
Vendredi 15 février 2019, 10h-12h30

 

Conférence de Françoise D AVIET -T AYLOR :

La notion de sacré : les pouvoirs de la ligne, les pouvoirs de la langue

 

Résumé

Nous nous en tenons dans cette étude au « phénomène du sens » que ce mot de « sacré » convoque, phénomène que nous analysons dans la matière linguistique et les opérations qui y opèrent.

*

         Le sacré et la ligne partagent des affinités principielles et des pouvoirs communs. Comme le fait le tracé de la ligne, le sacré tranche, délimite, sépare et gère les espaces nouvellement délimités. Le terme de « sacré » convoque les mêmes opérations, qui convoque une « histoire de la Création », présente dans toute théogonie ou cosmologie (avec ses variations, divinités, monstres, Dieu, la Genèse biblique, etc.).

         Dans les religions et les cultures archaïques organisées autour du sacré, une Création originelle sert toujours de modèle prototypique : du chaos est extrait l’espace sacré, le « Monde » (la naissance est souvent tragique, il est tiré des entrailles du dragon, etc.). Deux espaces contigus vont dès lors devoir se partager le tout. Surgit aussitôt la possibilité de ne pas respecter les espaces, et le thème de la souillure accompagne inévitablement la qualité de sacré.

         La « construction » des espaces du sacré reproduit les événements et les procédures de la Création originelle. Dans le texte biblique, un exemple de Création, sont ainsi nées à partir du tout informe des formes grâce à l’actualisation (par le Verbe) du pouvoir sécant de la ligne, actualisation d’où naissent le nombre ainsi que la détermination (là où il n’y avait, au commencement,  qu’une masse informe et indéterminée).

         Ce parcours observé dans la Genèse, nous le retrouvons dans la genèse des catégories linguistiques. Au commencement (stade précoce) c’est l’indétermination qui règne : il n’y a pas encore le nombre non plus que les catégories. Trois extraits (La Genèse, une chronique médiévale, un poème de J. Tardieu, « Conversation ») permettent d’illustrer cette naissance des catégories en langue.

         La particularité du sacré est qu’il va ébranler et destabliser ce processus qui était parfaitement réglé, à savoir que des formes naissent, déterminées et stables, de l’« indétermination » initiale, représentée dans les théogonies ou les cosmogonies par le Chaos, le royaume de la Mort, de l’Ombre, etc.). Or ce principe agissant initial, l’archè, va être mis à l’épreuve. Car simultanément avec la rupture et l’extraction du sacré de la totalité primitive, naît ce couple « instable » du sacré et du profane, le sacré étant lié dès sa naissance même à son espace contraire, le  profane. De cette dualité due à deux espaces contigus qui s’excluent l’un l’autre naît le dérèglement et l’instabilité, les possibles de la transgression.

         Cette contiguité des deux espaces n’autorise aucun franchissement de leur limite, aucun contact, sous peine de transgression. Est sacré « ce qui (ou celui qui) ne peut être touché sans être souillé, ou sans souiller ».

         Celui qui est sacer (celui qui ne peut être touché sans être souillé, ou sans souiller) est ainsi porteur d’une (sorte de) trans-itivité, d’une transitivité performative, c.-à-d. d’une immédiateté de performativité négative. C’est le symétrique, c.-à-d. l’inverse négatif, de l’immédiateté performative de la Création (Genèse), puisque toucher, toucher au sacré implique immédiatement le retour au chaos originel, inversant le sens de la séquence initiale chaos g cosmos et le retour au chaos. Celui ou ce qui a été consacré, est sacer, entre en possession immédiate d’une puissance efficiente d’enclencher ce retournement.

         Cette dualité repérée avec les deux espaces contigus se retrouve en miroir dans les langues indo-européennes. La notion de sacré aurait été dans la préhistoire une notion à double face : positive pour « ce qui est chargé de présence divine », et négative pour « ce qui est interdit au contact des hommes ». La ligne de séparation qui départage le sacré du profane est reprise dans des paires de mots : ce qui est au-delà de la ligne de démarcation, hors d’atteinte des hommes, est sacré, chargé de présence divine.  Ce qui est en-deça de cette ligne et peut être touché par l’homme doit lui être interdit. Les couples de termes attestés en période historique (avestique sp Enta : yao Ωdāta ; grec hierós : hágios ; latin sacer : sanctus ; gotique hails : weihs) témoignent de cette réversibilité de perspective engendrée par le tracé de la ligne séparant deux espaces contigus : deux mots selon que l’on est de ce côté-ci de la ligne ou que l’on considère ce qui est de ce côté-là, le sacré.

Françoise Daviet-Taylor

Le texte de la conférence de Mme Daviet-Taylor est disponible ici.

 

Compte-rendu du séminaire de recherche de l'Axe 1
Vendredi 25 Janvier 2019, 10h-12h30

Conférence donnée par Jean-Marc JOUBERT, suivie d’une discussion :

« Comment peut-on être transhumaniste ? »

 

Jean-Marc JOUBERT, ancien élève de l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud, Agrégé et Docteur en Philosophie, Licencié de théologie orthodoxe, dirige le Département de Lettres de l’ICES (La Roche-sur-Yon) et est membre du CIRPaLL. Ses recherches portent sur la philosophie et l’épistémologie, la littérature et l’histoire, la théologie et sur les relations entre christianisme et judaïsme. Il est l’auteur de plusieurs livres importants : Foi juive et croyance chrétienne, Paris, Desclée de Brouwer, collection « Midrash », 2001 ; Journal d’un Sinaïte, Paris, L’Harmattan, 2004 ; Leibowitz. Une pensée de la religion, Paris, CNRS-éditions, 2008 ; Portraits de maîtres. Les professeurs de philosophie vus par leurs élèves, en collaboration avec  Gilbert  Pons, Paris, CNRS-éditions, 2008. Il a traduit différents textes hébreux, en particulier Hizouk emounah, d’Abraham Isaac Troki (CIHR, Paris, 2003) et Sur le prétendu héritage judéo-chrétien commun, de Y. Leibowitz, dans Cités, n°34, Paris, PUF, 2008, p. 13-25. Il a publié de nombreux articles. Il s’intéresse également aux questions que pose la notion de transhumanisme.

CR du séminaire du 25 janvier 2019

 

Compte-rendu du séminaire de recherche de l'Axe 1
Vendredi 14 décembre 2018, 10h-12h30

Télécharger le fichier «CR séminaire axe 1 14-12-2018.pdf» (169.6 KB)

 

Compte-rendu du séminaire de recherche de l’Axe 1
Jeudi 14 juin 2018, 10h-12h30

 Télécharger le fichier «CR séminaire Axe 1 14 juin 2018.pdf» (99.4 KB)

 

Réflexion, projets et travaux à venir

 

Colloques

17-18 janvier 2019 : « La littérature médiévale entre mythe et sacré », org. E. MATHIEU et H. AVERSENG (colloque du Congrès de la Société de Langue et Littérature Médiévales)

• Décembre 2019 : « L’écologie entre politique et sacré », org. G. et J.-M. YVARD

 

Organisation d’une journée d’étude

Le projet d’une journée d’étude, intitulée « Au-delà de la condition humaine. Dépasser, transgresser, abolir les limites », est présenté et discuté : voir le descriptif donné en annexe, en fin du document.  Cette journée d’étude, conçue dans un esprit de liberté et de large ouverture, sera l’occasion d’un premier travail collectif, visant à faire apparaître des convergences et des rapprochements, afin d’orienter la suite de nos travaux.

Nous remercions vivement les collègues qui, suite à un premier appel, ont déjà manifesté leur intérêt pour cette journée et proposé des communications. Nous vous invitons toutes et tous très chaleureusement à nous adresser vos suggestions et propositions.

 

Projet d’un atelier de travail

Lors de notre précédent séminaire avait été évoquée la possibilité de mettre en place un atelier de travail, consistant à rédiger des contributions autour des différentes adaptations et réécritures successives d’un thème ou d’un personnage mythique (traductions annotées de textes, présentations et analyses de textes et documents figurées, constitution de corpus…). Ces contributions seraient rassemblées et publiées sur le site du CIRPaLL. Il s’agirait de contribuer à la diffusion du savoir et des connaissances.

Si ce projet peut intéresser un certain nombre de membres du CIRPaLL, rattachés ou non en priorité à l’axe 1, il faudrait à présent définir un sujet principal, le plus « fédérateur » possible.

Nous remercions vivement Maria Dolores ALONSO-REY-CHEVALLIER de sa suggestion : le projet pourrait consister à étudier les différents traitements d’un mythe ou d’une thématique ayant trait aux mythes et au sacré dans les pays européens (langues française, anglaise, allemande, espagnole, italienne…).

 

Importance des projets

E. VERNADAKIS insiste sur l’importance des projets et sur l’internationalisation des travaux. C’est une perspective qu’il faudra envisager. La journée d’étude prévue, telle qu’elle est conçue, devra permettre de faire apparaître des sujets et thèmes suffisamment « fédérateurs » pour permettre de définir un axe original et important. Si d’ores et déjà vous avez un projet abouti et le souhait de répondre à un appel à projet, nous vous serions extrêmement reconnaissants de nous en faire part.

   

ANNEXE : DESCRIPTIF DU PROJET DE JOURNÉE D’ÉTUDE
Journée d’étude (axe 1 « Mythes et sacré »)

Descriptif et appel à communications

« Au-delà de la condition humaine. Dépasser, transgresser, abolir les limites »

 

Il s’agira d’étudier différentes formes de dépassement et de transgression des limites de la condition humaine, le mot « limite » devant être entendu en son double sens : frontière séparant l’humain du divin, mais aussi restriction contraignante imposée à l’Homme.

L’analyse se fondera sur différents exemples de figures et de personnages ayant ce pouvoir de dépassement : le héros (au sens propre comme au sens figuré), le saint, le messager, le médiateur, le sage, le devin, le prophète…

On pourra s’interrogera sur les problématiques suivantes :

• Les formes que peut revêtir ce dépassement de la condition humaine :

les spécificités et qualités remarquables pouvant être acquises sont nombreuses et diverses : immortalité, invulnérabilité, force, éternelle jeunesse, bonheur, savoir absolu, don de prescience…

Ce sont là autant de qualités dont l’homme est privé et qui sont propres au divin : en contrepoint, on s’interrogera donc sur les particularités de la condition humaine

• Les conditions de ce dépassement :

il peut s’accomplir de façon permanente et irréversible, mais aussi de façon provisoire, dans certaines circonstances (la transe, l’extase, la possession, l’ascèse et l’entraînement rigoureux, le recours à la « technique »…). Il peut être obtenu de façon magique et extraordinaire, comme un don des dieux, ou être le fruit de la seule volonté humaine.

• Les implications et les usages de ce pouvoir de dépassement :

quelles sont les conséquences de ce pouvoir pour les personnages qui l’obtiennent ? quelle est la place dévolue à ces personnages de l’entre-deux, entre humain et divin ? quelle est leur destinée ? peuvent-ils être des modèles à suivre et imiter ?

• Le jugement porté sur ce dépassement :

il peut être valorisé et considéré comme bénéfique, ou, au contraire, jugé dangereux, néfaste et réprouvé (thème de l’hubris…).

Les études porteront sur différents types de textes, présentant un lien avec les mythes et le sacré, de toute époque et toute culture, se référant aux temps des origines, aux temps présents comme aux temps futurs (transhumanisme et problème de la « posthumanité »).

Compte rendu rédigé par Laurent Gourmelen

 

Thèses soutenues et en cours

 

Publications

Responsables de l'axe

GOURMELEN Laurent
laurent.gourmelen@univ-angers.fr (Laurent.gourmelen @ univ-angers.fr)

YVARD Jean-Michel
jean-michel.yvard @ univ-angers.fr

Membres de l'axe

Rattachement principal

  • Luce ALBERT
  • Carole AUROY
  • Hélène AVERSENG
  • Mathilde BATAILLE
  • Arlette BOULOUMIE
  • Pascale DENANCE
  • Adela GLIGOR
  • Laurent GOURMELEN
  • Alain GROSREY
  • Lucie HERBRETEAU
  • Jean-Marc JOUBERT
  • Hervé MENOU
  • Elisabeth PINTO-MATHIEU
  • Gaël PRIGENT
  • Anne PROUTEAU
  • Lisa SCHULZ
  • Jean-Michel YVARD

Rattachement secondaire

  • Marie-Pierre CHABANNE
  • Alice CLARK
  • Blandine COLOT
  • Carole DARMON
  • Françoise DAVIET-TAYLOR
  • Bénédicte GARBAN
  • Yannick LE BOULICAUT
  • Emmanuelle RAYMOND-DUFOULEUR
  • Laurence TEYSSANDIER
  • Karima THOMAS
  • Emmanuel VERNADAKIS
  • Gelareh YVARD-DJAHANSOUZ

Partenariats

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