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Centre Interdisciplinaire de Recherche sur les Patrimoines en Lettres et Langues


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    Lactance, par contours et détours

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    Lactance, par contours et détours

    Rivista di Storia e Letteratura Religiosa, LIII, 2017/3 : « Lactance par contours et détours », sous la direction de Blandine Colot, Leo S. Olschki Editore, Florence.

     

    Table des matières

    B. Colot, Introduction    387

    S. Freund, Lactance diachronique : lignes de développement dans sa pensée politique, du début des persécutions à la mort de l’auteur         397

    K. Meinking, Anger and the Apologists: Lactantius in his North African Context    413

    G. Kendeffy, Lactantius as spokesman of a mystery          435

    S. Van der Meeren, La question téléologique chez Lactance : des Diuinae institutiones (l. III), au De ira Dei et à l’Épitomé            453

    B. Colot,  Lactance: une littérature constantinienne ‘à facettes’      477

    A. Galonnier, Lactance, entre sédimentation et transmission des savoirs : le cas du De anima de Cassiodore       501

    M.-J.-L. Perrin, Lactance à l’époque carolingienne (env. 750-1000): un siècle

    d’histoire de l’édition     523

    A. Lamy, Lactantius in Medio Aevo. Les héritages anthropologiques, théologiques et philosophiques de Lactance aux XIIe et XIVe siècles, de Hildegarde de Bingen à Coluccio Salutati       555

    Grellard, Une lecture médiévale de Lactance: le Lactantius de Jean de Salisbury     581

    C. Rutherford – P. Schulten, Historical Themes in Antonio da Rho’s Dialogi tres in Lactantium   601

    D. Miglietta, La présence de Lactance dans les Discours des Spectres (1608) de Pierre Le Loyer   623

     

    Introduction (B.Colot) : Lactance, par contours et détours

     Ce numéro consacré à Lactance se veut une sorte de point d’étape pour mettre en lumière la nécessité, sans doute, de mieux situer celui-ci dans l’histoire, et plus spécialement dans l’histoire du christianisme, en ce qui concerne à la fois son époque, la question de sa réception, et la façon dont la recherche l’appréhende aujourd’hui. Cet auteur mériterait déjà que quiconque s’intéresse à l’étymologie de ‘religion’ – terme issu de religio et passé à la civilisation chrétienne occidentale –, et recourt, comme couramment en ce cas, à  l’explication par ‘religare’« relier », plutôt que par celle de ‘relegere’ « relire, discerner par la lecture » proposée par Cicéron, soit un tant soit peu averti de ce personnage. Certes, une notion n’est pas réductible à une étymologie ni à l’explication d’un auteur, mais il est peut-être d’intérêt, pour appréhender l’histoire de ce mot, de prendre aussi en considération la revendication d’autorité que cet apologiste chrétien a de fait opérée en son temps sur cette langue mère qu’est le latin. Plaçant le terme religio avec son référent religieux chrétien dans la sphère d’emploi de la langue latine commune,et sous le sceau littéraire de Cicéron, légitimant en quelque sorte cet usage au moment où le christianisme allait se voir légalisé, Lactance apparaît, au début du ive siècle, comme un terminus post quem: il est un auctor, un fondateur à ce titre, qui s’est inscrit dans la tradition romaine mais qui a, dans le même temps, subverti cette tradition.

    De fait, l’auctoritas de Lactance était celle d’un rhéteur africain renommé, appelé en 290 par Dioclétien à la cour de Nicomédie pour former au latin le personnel grec de la chancellerie impériale. Récemment converti, il fut contraint de se mettre à l’écart pendant la durée des persécutions décidées par ce dernier et Galère (303-313) mais il fut aussi amené, dès avant cette période,  à fréquenter le jeune et futur empereur Constantin, auprès duquel il est au moins possible de dire qu’il a joué un rôle, même si bien des choses restent à préciser en ce domaine, à commencer par la chronologie de sa relation avec ce premier empereur chrétien.

    La connaissance de cet auteur ne s’est par ailleurs jamais interrompue au fil des siècles parmi les érudits – théologiens, philosophes, et poètes –,  même si elle est allée diminuant nettement à partir du xviiie siècle, avant que cela motivât Samuel Brandt, dans la dernière décennie du xixe siècle, à en proposer une édition scientifique pour le Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum – dont on peut dire qu’elle a relancé les études lactanciennes jusqu’à aujourd’hui puisque l’édition toute récente de la Bibliotheca Teubneriana procurée par Eberhard Heck et Antonie Wlosok en offre une reprise à nouveaux frais.

    Sous le titre de « Lactance, par contours et détours », nous avons souhaité placer ce philosophe et apologiste chrétien au centre de l’attention pour tenter de proposer une nouvelle évaluation de son importance, entendue à la fois en synchronie et en diachronie. Or, chercher à mieux cerner l’implication et le poids de ce personnage en son temps et dans les temps ultérieurs, c’est aussi essayer de comprendre le décalage qui existe entre la longévité attestée de cet auteur au long des siècles et la relative marginalité dans laquelle il reste cantonné aujourd’hui – ce qui doit finalement nous amener à ‘faire réflexion’ sur l’état actuel de ce champ de la recherche.