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Centre Interdisciplinaire de Recherche sur les Patrimoines en Lettres et Langues


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    Axe 4

    Axe 4 : Patrimoines et héritages

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    L’axe 4 du CIRPaLL, fruit de la fusion du CERIEC et du CRILA, a pris la dénomination « Patrimoines et héritages »

    En relation possible avec une réflexion menée à l’UA sur les mutations de la culture patrimoniale faisant valoir diversité culturelle et créativité humaine (voir : Les Nouveaux patrimoines en Pays de la Loire, éd. G. Saupin, J-R. Morice, N. Vivier, PUR, 2013), il s’agit d’appréhender les patrimoines comme héritages – qu’ils soient constitués et conservés pour être transmis (aux descendants, à l’ensemble de la société) ou qu’ils reçoivent après coup cette reconnaissance collective –, mais aussi comme espaces d’expression et de traduction de valeurs (usage du passé, processus de patrimonialisation, tel le numérique), enfin comme patrimoines naturels. L’objectif est de rendre le patrimoine accessible (ainsi en est-il des fonds littéraires de la BU d’Angers ou d’autres fonds manuscrits ou imprimés), ou bien d’en restituer la spécificité, ou bien encore d’y étudier un processus de création. Il est également question d’analyser ses diverses formes de transmission : préservation, réinvestissement, renouvellement.

    On embrassera notamment le domaine de la littérature dans ses rapports avec l’histoire, l’histoire des idées, les sciences, ou encore l’écologie. Le champ d’étude touche ainsi les représentations, qu’elles soient culturelles, politiques, économiques, religieuses ou sociales. Les arts (cinéma, arts plastiques, architecture…) occuperont également le champ en ce qu’ils intéressent les représentations. Il s’agira de la sorte de réfléchir au rapport entre culture(s) et société(s) tout en s’intéressant aux spécificités historiques, narratives, esthétiques et techniques des arts considérés.

    Dans sa globalité, la recherche sur « Patrimoines et héritages » s’organisera autour de processus d’évolution ou de transformation, de continuité ou de rupture, de préservation ou de (re)valorisation, comme autant de dynamiques créatives ou militantes.

     

    Projets scientifiques 2017-2021

    Afin de mettre en cohérence les différents champs de recherche des membres de l’Axe 4 (civilisation, littérature, histoire, histoire de la littérature, des idées politiques, questions d’environnement, arts), l’équipe a choisi de travailler autour d’un thème fédérateur, conjuguant à la fois un processus et une temporalité :

    « Recevoir, transmettre, changer d’ère »

    Le travail collectif s’effectuera sous la forme de séminaires qui auront lieu à intervalles réguliers, le vendredi après-midi, de 14h à 16h.

    Le premier invité sera Benjamin Forkner, de l’Université de Northwestern Louisiana (octobre 2017).

     

    Actualités scientifiques

    - Samedi 17 février 2018: 15ème Journée d'Etudes Latines; Pr. Etienne Wolff, Université Nanterre-Paris Ouest (organisation Blandine Colot).

     

    SEMINAIRES

    - 30 mars 2018, salle Camille Lepage : Tom Williams  "La préservation, destruction et reconstruction des monuments historiques en Grande Bretagne et en Allemagne, 1940-1955"

    Le bombardement aérien des centre-villes historiques pendant la Seconde Guerre mondiale a suscité de grands débats concernant la préservation, destruction et reconstruction du patrimoine culturel et architectural. Après une brève présentation de l'histoire de la préservation des monuments historiques en Grande Bretagne et en Allemagne, et de la terminologie associée au patrimoine culturel dans ces deux pays, seront abordés les polémiques concernant la préservation et destruction des monuments pendant la guerre, ainsi que les enjeux culturels, patrimoniaux, économiques et touristiques lors de leur reconstruction (ou non-reconstruction). 

    Compte-rendu de la séance :

    Après quelques considérations sur des évolutions terminologiques de l’allemand et de l’anglais autour de la notion de ‘patrimoine’, la question de la reconstruction de villes bombardées lors de la seconde guerre mondiale a été traitée à travers deux exemples : Lubeck (au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1987) et Exeter (deuxième ville d’Angleterre par son patrimoine après Bath). Avec le support de photos, d’affiches, de vidéos, notamment tirées des actualités de la Paramount, la présentation de livres-manifestes d’historiens d’arts, d’architectes,  d’urbanistes, T.W. a montré que l’essentiel se joue entre rupture ou continuité, reconstruction ou nouvelle construction. Quel moment aussi de l’histoire reproduire ? S’agit-il de rester dans la ligne du passé, ou simplement d’en garder des traces - à titre notamment d’instruction pour les nouvelles générations - ou, au contraire, d’acter la fin d’une époque en faisant du neuf ?

    La discussion qui s’en est suivie a roulé autour des termes d’authenticité, de valeur, de charme, de reconstitution, de destruction… thèmes dont l’intérêt pourrait aussi être exploité à propos d’autres époques.

    (B.Colot)

    - 13 avril 2018, salle Frida Kahlo : Elisabeth Schulz "Rupture et transmission chez les Juifs d'Alsace, à travers l'oeuvre de Claude Vigée"

    Au cours des siècles, les abords du Rhin ont constitué pour les communautés des Juifs d’Alsace un lieu paradoxalement d’enracinement et d’exclusion. Situé au bout de cette chaîne, même le poète moderne Claude Vigée, né en 1921 en Alsace, n’échappe pas à ce schéma et devient à son tour un « voyageur » malgré lui.

    Compte-rendu de la séance :

    L’œuvre de Claude Vigée (pseudonyme pris en 1942), poèmes et essais, tel Un panier de houblon (2 tomes), Le soleil sous la mer,  est irriguée par la question de la double identité juive et alsacienne dont l’auteur se réclame. Le judaïsme alsacien est d’installation très ancienne : jusqu’à la Shoah on  peut parler de judaïsme rhénan, du Rhin comme berceau des Ashkénazes et de la langue yiddish. Exilé aux USA en 1943, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem à partir de 1960, Claude Vigée revient en Alsace dans les années 70. L.S. a illustré la dimension existentielle de l’écriture de C. V. en montrant combien le Rhin est à la fois image de la persécution et du bonheur de l’enfance – la flore, le fleuve, la forêt étant sa « Jérusalem d’Alsace » -, ou que la « barque noire immobile » se révèle autant paysage vécu que symbole biblique ou encore symbole de mémoire. L’écriture elle-même est comme un fleuve « aux eaux vivantes ».

    La discussion qui s’en est suivie a roulé autour de l’importance du paysage, du terroir (et son dialecte) comme lieu d’enracinement (cf. H. Arendt), l’aliment poétique du Rhin, les expériences de rupture et de surcompensation.

    (B.Colot)

    - Jeudi 13 décembre 2018, Salle Frida Kahlo : Anne-Marie Callet-Bianco et Marie-Pierre Chabanne : « Instruire par l’amusement, l’image et l’émotion : la transmission des savoirs en France au XIXe siècle (1830-1850) dans la presse récréative »

    La vulgarisation prend au XIXe siècle une dimension nouvelle en visant un public élargi. Elle emprunte de nouveaux canaux, comme la presse récréative qui apparaît à cette époque. Après une présentation de ses enjeux et ses méthodes, on prendra l'exemple de la peinture et de l'histoire pour analyser les contenus qu'elle privilégie et les discours qu'elle utilise pour les transmettre.

    Compte-rendu de la séance :

    Dans le contexte de la loi Guizot (1833) et de la loi Falloux (1850), qui ont conduit à la scolarisation à peu près généralisée des garçons et des filles des petites communes françaises, un certain nombre de philanthropes cherchent à consolider le savoir encore rudimentaire de ces populations. Selon une vision conservatrice, certains privilégient une culture utile aux différents types de population et de métiers ;  mais un modèle plus libéral, adepte du « savoir pour tous » se développe largement, qui imagine de nouvelles méthodes, nous dirions « ludiques », en particulier à travers la « petite presse » (la « grande » étant réservée à la politique) [A-M Callet-Bianco]. Si la figure d’Émile de Girardin s’impose à cet égard, c’est en Angleterre que le journal illustré s’invente, et influence ensuite les titres français. Entre 1833 et 1842, Samuel Berthoud est le rédacteur en chef du Musée des familles. Lectures du soir, créé en 1833 par E. de G. Son principe est d’instruire le peuple en passant d’abord par son imagination, en privilégiant le fictionnel et le narratif plutôt que le didactique : biographie d’artiste, fiction picturale, rencontre virtuelle avec le peintre, intimité de la création d’une œuvre… [M-P Chabanne]. L’autre exemple est donné par A. Dumas, dont l’éducation était « basique » mais qui, au service de son ambition, s’est formé à Paris, s’adonnant en autodidacte à l’histoire. Patron de presse, avec le quotidien Le Mousquetaire, il lance, avec une ample virtuosité dramatique, la série feuilletonnesque « Les grands hommes en robe de chambre » (ex. de Louis XIII et Richelieu). Ainsi, transformant la grande histoire en petite histoire, il abolit pour son lecteur un obstacle symbolique et, appelant celui-ci à la réflexion sur les événements, les bassesses des puissants, mais aussi la violence populaire, il introduit une connivence entre ce lecteur, son histoire, et l’Histoire [A-M Callet-Bianco].

    La discussion qui s’en est suivie a fait valoir la différence entre le caractère positif reconnu à la vulgarisation/popularisation au XIXe s. mais, inversement, négatif au XXe siècle (cf. H. Harendt et le « pourrissement » des masses), ou l’émergence de l’autonomisation des différentes disciplines scientifiques à l’ère de l’industrialisation.

    (B. Colot)

     

    - Vendredi 10 mai 2019, salle Frida Kahlo : Katell Brestic  : "  Stratégies identitaires culturelles et recréations symboliques dans l'exil : les expulsés d'Europe, (désignés) Juifs et opposants politiques"

    La période des années 1930-40 marque un changement d'ère majeur pour les juifs de langue allemande, celui du passage de l'ère de l'émancipation et de l'intégration à celle de la constitution d'une nouvelle identité diasporique. On étudiera les stratégies identitaires mises en place par les opposants politiques et les (classés comme) juifs expulsés d’Europe en s’intéressant au cas particulier de l’exil en Bolivie.

     Compte-rendu de la séance :

    K. B. fait état d’une recherche qui a porté sur les expulsions des années 1930-40 des juifs d’Allemagne (et d’Autriche), lesquelles ont suivi celles des opposants politiques, et ont atteint leur point culminant en 1938 lors de la « nuit de cristal ». L’étude présentée traite des stratégies identitaires mises en place par ceux qui, avant tout, ont été « désignés » juifs, et dans le cas particulier de l’exil en Bolivie, où les témoignages révèlent des conditions d’adaptation particulièrement difficiles. 1) « Recevoir » dans son identité le choc de l’histoire, 2) « transmettre » pour s’adapter à/s’implanter dans une nouvelle réalité, 3) « changer d’ère » ou non à l’issue de cette expérience, tels ont été les trois temps du processus analysé, après la présentation de quelques éléments de contexte.

    Les données statistiques font apparaître quelles ont été les destinations choisies et comment cette répartition a évolué. On retiendra par exemple qu’en 1933, 72 % des exilés s’installent en Europe , contre 9% Outre-Atlantique (USA, Canada, Amérique latine), mais qu’en 1938, 27,2% le font en Europe, et 62 % Outre-Atlantique – l’exil en Palestine allant croissant, poussé par le mouvement sioniste. En Amérique, le cas de la Bolivie, par ailleurs, a ceci d’intéressant qu’elle n’a ouvert ses portes qu’après que les pays les plus « prisés » car facilement accessibles, en particulier l’Argentine, très européanisée, et le Brésil, ont progressivement fermé leurs frontières : pays le plus pauvre du continent à l’issue de deux guerres et du fait de son instabilité politique, il s’est ouvert essentiellement pour raisons économiques, en vue de l’établissement de colonies agricoles, et, rapporté à sa population, c’est aussi celui qui a accueilli les plus grand nombre de ces exilés.

    Premier temps : la sidération a frappé nombre de ces exilés au moment où ils reçurent en quelque sorte cette identité juive (ainsi enregistrée à partir d’un seul grand parent reconnu tel) puisque tous ces exilés ne faisaient pas de leur judéité un trait dominant de leur identité ( juifs dits « des trois jours » célébrant uniquement Pessah, Yom Kippour, Roch Hachana), ou que, parmi eux, se trouvaient aussi des catholiques qui n’avaient plus en mémoire ce trait de leur ascendance. L’exil lui-même a ajouté à la perte vécue sur le plan professionnel ou familial (enfants ou parents, frères et sœurs, famille plus éloignée quittés parfois pour toujours), le choc ressenti face à la dureté du climat (La Paz, 3500m alt.), mais aussi l’abîme ressenti face à une population à  85% amérindienne, et à 80% analphabète. Ce choc a le plus souvent provoqué des réactions et un discours xénophobes du même type que celui qu’avaient pourtant subi les exilés, une stratégie ex negativo qui leur permettait de se recentrer en en mettant d’autres à la marge ; l’inverse se rencontre au travers de quelques rares idéalisations « rousseauistes » de ces populations « naturelles »  (cf. A. Propp. les comparant « au temps d’Abraham » (…) vivant sans banques, sans savon « comme au paradis » en étant «  de Dieu »).

    La question des femmes et de la vie privée s’est également posée dès lors que, cherchant les premières à subsister, à reprendre pied économiquement (cantinières, couturières, etc.,  recours sans doute aussi à la prostitution) celles-ci ont été particulièrement visibles dans un environnement où l’on vivait sous tutelle masculine : jugées immorales parmi les exilés eux-mêmes, divorces ou séparations se sont multipliés. Enfin, l’installation de ces exilés s’est faite pour la plupart du temps en ville, les visas octroyés à but agricole n’ayant guère été respectés à cet égard si ce n’est par les sionistes. On a alors ouvert des commerces, développé une clientèle, juive le plus souvent, et provoqué des protestations de concurrence dont l’exagération s’accorde nettement avec la vague de protestation antisémite que la crise du logement a provoquée par ailleurs, et dont les débats au Parlement donnent un  écho, comme les  « tags » sur les devantures des commerces.

    Deuxième temps : Des stratégies de (re) définition identitaire opèrent dans des cadres nouveaux, depuis le socle de la transmission. Une société à part se forme, une société de l’exil, un troisième lieu dans le temps et l’espace, entre une Autriche ou une Allemagne idéalisées et la Bolivie (ex. de l’espace privilégié de la gare, où l’on attend les nouvelles d’Allemagne ; ex. des noms de l’’Hôtel Berlin’, du ‘Café Vienna’). Dans cette société, la pratique religieuse s’affirme, une orthopraxie qui se fait souvent autour de la Torah, entre culte et culture, ce qui assure le lien social en le ritualisant. Autre fait marquant : l’importance des divertissements et de la création (théâtre, poésie, journal - germanophones), du scoutisme dans le loisir des jeunes, de l’éducation, surtout, qui s’illustre dans l’établissement du Colegio Boliviano Israelito de La Paz, fondé en 1940, qui se donne le double objectif de transmettre la culture européenne germanophone et de conduire à s’intégrer dans le pays d’accueil. Souvent mêlés aux enfants de l’élite bolivienne, espagnole, avec lesquels ils parlent leur langue, les élèves y suivent leurs cours d’histoire autant sur l’Europe, sur la Bolivie que sur l’histoire juive : cette formation repose sur l’hybridation.

    Troisième temps : Différemment des exilés politiques - qui surmontent leur rupture identitaire en militant toujours, au sein d’un espace national trans-étatique : « l’autre Allemagne », la « vraie », ou y reviennent - , les juifs sont peu à maintenir le lien avec l’Allemagne : certains jeunes gens poursuivent leur vie en Bolivie, mais la plupart des exilés continuent leur émigration, en Argentine, pour beaucoup, mais aussi au Chili ou en Uruguay, à côté du Canada ou des États-Unis, enfin de la Palestine. Ces exilés ont désormais « changé d’ère » en ce qu’ils ne sont plus les juifs germanophones assimilés à l’Allemagne qu’ils étaient mais les porteurs d’une nouvelle identité diasporique transnationale. L’expérience de l’exil a constitué par ailleurs un traumatisme qui, ajouté à celui de la Shoah dont ont été victimes les familles restées en Europe, a donné lieu à une nouvelle littérature.

     

    Réflexion et discussion.

    Le sujet traité nous a fourni un observatoire  tout à fait remarquable des aménagements ou réaménagements identitaires d’un groupe ici « désigné », dans le sens très particulier que lui donne le contexte de l’histoire dans lequel il est étudié, et en tant qu’objet d’étude. L’analyse dégagée a mis en lumière quelques phénomènes qui peuvent sans aucun doute être utiles à l’appréhension ou au traitement d’autres thématiques. Voici les questions,  réflexions ou échanges qu’elle a suscités : 

    Si l’on pense au régionalisme allemand, il semble que cette Allemagne quittée et idéalisée ne soit plus liée à ses régions. K. B. confirme que l’« Heimat » est bien pour ces exilés l’Allemagne, non pas la région d’origine (déjà, en 1933, des exils s’étaient produits de la campagne vers les villes) ; elle note aussi qu’Heimat s’applique surtout à l’Autriche. Ainsi, l’exil fait disparaître les distinctions initiales : il n’est plus question que d’une culture allemande [T. Williams].

    Si ces exilés changent effectivement « d’ère » en ce qu’ ils ne sont plus des « juifs germanophones assimilés à l’Allemagne », le fait d’adopter une « identité diasporique transnationale » est-il si nouveau pour eux ? À considérer l’histoire du peuple juif depuis l’antiquité, ne pourrait-on pas dire plutôt qu’ils renouent avec un trait d’identité dans lequel s’exprime, à partir d’un seul référent, mais un référent sacré (la Torah), une forme de vitalité singulière, constante dans sa mobilité ? Apparaît aussi, avec le cas  particulier de la Bolivie, l’importance qu’a revêtue l’Europe ou l’Allemagne pour ces exilés confrontés à une population indigène qu’ils voyaient en profond décalage avec eux. Ne peut-on pas dire qu’Europe ou Allemagne ont représenté pour eux, en ces circonstances, un substrat culturel qui a lui-même agi comme une forme de soubassement identitaire ? Et si l’on pense par exemple à Claude Vigé (cf. conférence d’E. Schultz), ne pourrait-on pas appliquer cette notion de substrat, de soubassement identitaire aussi au paysage de l’enfance [B. Colot] ?

    Il y aurait lieu de relever le rôle des émotions dans ces changements, qui vont des plus brutales (xénophobie immédiate) aux plus réjouissantes ou sophistiquées  (spectacles pour enfants, littérature). C’est un élément que l’on a déjà trouvé dans  les communications précédentes comme moyen d’accès à de nouvelles connaissances ou représentations, ou à de nouveaux moyens d’expressions  et sans doute serait-il profitable de poursuivre la recherche en ce sens [K. Brestic,  A-M Bianco , M-P. Chabanne].

    Le contraste est frappant entre la fixité de l’identité alors assignée par le régime nazi (de fait, les cartes d’identité des filles et des garçons portaient automatiquement les prénoms d’Israël et de Sarah) et la difficulté qu’il y a en réalité à définir une « identité », comme le phénomène d’hybridation qui a été observé ici au sujet de l’école l’illustre à sa façon. L’histoire nous apprend ce dérangeant paradoxe que l’identité juive est « tellement difficile à définir …qu’elle est facile à exploiter » [K. Cotteau].

     

    Perspectives  :

    Il a semblé bon à tous de poursuivre le principe adopté jusqu’ici de traiter la thématique en ouvrant le plus largement possible le champ de la recherche. On pourra alors envisager, a priori pour l’automne 2020, l’organisation d’un colloque, qui donnera lieu à une publication pouvant regrouper également les travaux présentés en séminaire. Il est attendu de ce principe que l’on puisse voir émerger progressivement quelques lignes directrices propices à la cohérence de l’ouvrage à venir.

     Communications annoncées pour l’année 2019-20 :

    • - Carole Darmon prévoit d’étudier la figure du journaliste américain Edouard R. Murrow (1908-1965), lequel fut suivi par des millions d’auditeurs aux États-Unis et au Canada durant  la Seconde guerre, inventant au fur et à mesure des événements qu’il commentait une nouvelle forme de journalisme.
    • - Blandine Colot prévoit d’étudier la transmission comme processus de conservation vs processus d’exploitation d’un héritage à propos de l’époque tardo-antique – à la fois païenne et chrétienne.
    • -Françoise Daviet-Taylor envisage une étude du champ lexical du « patrimoine » (à confirmer).
    • - Karla Cotteau a invité pour le début novembre 2019 Adam Roberts, lequel parlera de son expérience qui a consisté à compléter un récit de Burgess.

    S’agissant des Archives Burgess, K.C. précise que 2 stagiaires (Elsa Jarrossay a fini son stage, le second va commencer bientôt) ont été affectés à l’inventaire des manuscrits et partitions musicales, ainsi que des coupures de presse retrouvés parmi les livres du fonds Burgess. Ce travail s’est fait également avec le soutien de France Chabot et de Laurence Le Gal. K. C. se charge en ce moment de la relecture de cet inventaire afin qu’il puisse être publié en anglais sur le site de la BU.

     (B.Colot)

    Publications et réalisations scientifiques

     

    • Le projet ArchiTextes mené par Mathilde Bataillé et Hervé Menou s'inscrit dans les travaux de recherche de l'Axe 4 du CIRPaLL.

    Dans le cadre de ce projet, deux journées d'études ont été réalisées : le vendredi 5 octobre 2018 et le vendredi 9 novembre 2018.

    Le bilan scientifique du projet ArchiTextes est consultable ici.

    Responsables de l'axe

    Colot Blandine
    blandine.colot @ univ-angers.fr

    Yvard Gelareh
    gelareh.yvard @ univ-angers.fr

    Membres de l'axe

    En rattachement principal

    • Bonniord Julie
    • Colot Blandine
    • Darmon Carole
    • Jacquin Gérard
    • Raymond-Dufouleur Emmanuelle
    • Teyssandier Laurence
    • Trigalot Guy
    • Vincent-Goubeau Anne
    • Williams Tom
    • Yvard Gelareh

    En second rattachement

    • Albert Luce
    • Auroy Carole
    • Averseng Hélène
    • Gligor Adela
    • Gourmelen Laurent
    • Grosrey Alain
    • Jourdren Morgane
    • Matthieu Elisabeth
    • Meynard Cécile
    • Ryan-Sautour Michelle
    • Yvard Jean-Michel

    Partenariats

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